Qu'est-ce qu'un auto-entrepreneur ?
Un auto-entrepreneur, appelé officiellement micro-entrepreneur, est un entrepreneur individuel qui relève du régime de la micro-entreprise. Ce n'est pas une forme juridique à part : c'est une entreprise individuelle à laquelle s'ajoutent deux régimes simplifiés, l'un fiscal (micro-BIC ou micro-BNC), l'autre social (micro-social). Vous exercez en votre nom, sans statuts ni capital, et votre patrimoine personnel est séparé de votre patrimoine professionnel depuis 2022.
La contrepartie de cette simplicité : des plafonds de chiffre d'affaires, et aucune charge réelle déductible. Pour comparer avec les autres formes, lisez Choisir son statut juridique.
Comment créer une micro-entreprise ?
La création se fait en ligne sur le guichet unique des formalités des entreprises, au plus tôt un mois avant le début d'activité et au plus tard quinze jours après. Elle est gratuite, sauf pour les agents commerciaux (23,21 €). Trois choix comptent dès le départ :
- Le rythme de déclaration à l'Urssaf : mensuel ou trimestriel. La première déclaration intervient au minimum 90 jours après le début d'activité.
- L'ACRE, à demander dans les 60 jours. Depuis le 1er juillet 2026, elle réduit les cotisations de 25 % (contre 50 % auparavant) jusqu'à la fin du troisième trimestre civil qui suit le début d'activité.
- Le versement libératoire de l'impôt, à choisir avant la fin du troisième mois, sous condition de revenu fiscal de référence.
Quels sont les plafonds, les cotisations et les seuils de TVA en 2026 ?
Tout dépend de votre activité.
| Activité | Plafond 2026 | Cotisations | Versement libératoire | Franchise de TVA (seuil de base) |
|---|---|---|---|---|
| Vente de marchandises, hébergement | 203 100 € | 12,3 % | 1 % | 85 000 € |
| Services commerciaux et artisanaux (BIC) | 83 600 € | 21,2 % | 1,7 % | 37 500 € |
| Libéral non réglementé (BNC) | 83 600 € | 25,6 % | 2,2 % | 37 500 € |
| Libéral réglementé, Cipav (BNC) | 83 600 € | 23,2 % | 2,2 % | 37 500 € |
S'y ajoute la contribution à la formation professionnelle (0,1 % à 0,3 %). Exemple illustratif calculé par le Cabinet Clearway : 45 000 € encaissés en services commerciaux, avec versement libératoire, donnent 9 540 € de cotisations, 90 € de formation et 765 € d'impôt, soit 23,1 % du chiffre d'affaires.
Le seuil de TVA est bien plus bas que le plafond : on peut rester micro-entrepreneur et facturer la TVA. Au-delà du seuil de base, la franchise est perdue au 1er janvier suivant ; au-delà du seuil majoré (41 250 € en services, 93 500 € en vente), dès le jour du dépassement.
Quelles obligations pour un micro-entrepreneur sur l'Urssaf et la gestion ?
Déclarer son chiffre d'affaires à l'Urssaf chaque mois ou chaque trimestre, même s'il est nul. Tenir un livre des recettes (et un registre des achats pour la vente). Ouvrir un compte bancaire dédié si le chiffre d'affaires dépasse 10 000 € deux années de suite, et toujours pour une activité commerciale. Porter la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI » sur les factures en franchise. Être en mesure de recevoir des factures électroniques depuis le 1er septembre 2026, et d'en émettre à partir du 1er septembre 2027.
Quand quitter la micro-entreprise ?
La loi vous fait sortir du régime au 1er janvier qui suit la deuxième année consécutive au-dessus du plafond. Un dépassement isolé ne suffit pas. Mais six signaux justifient souvent de partir plus tôt : le plafond approche, vos charges dépassent l'abattement forfaitaire (50 % en services BIC, 34 % en BNC), vous investissez, vous recrutez, un associé se présente, ou vous voulez garder du bénéfice dans l'entreprise.
Deux voies s'ouvrent. L'EI au régime réel, la plus courte : vous restez entrepreneur individuel, vos charges deviennent déductibles et l'option pour l'IS devient possible. Ou la société, par transfert universel du patrimoine professionnel, pour accueillir un associé ou changer de statut social. Le guide Entreprise individuelle et le guide Changer de statut détaillent ces passages.
Ce que change l'embauche d'un premier salarié
Un micro-entrepreneur peut embaucher : il devient employeur, avec la déclaration préalable à l'embauche (au plus tôt huit jours avant) et la déclaration sociale nominative chaque mois. Mais salaires et charges patronales ne sont pas déductibles : l'abattement est réputé tout couvrir. En pratique, le premier recrutement est le bon moment pour quitter le régime et poser une organisation qui tiendra à cinq ou dix personnes, en commençant par une fiche de poste claire.
