Entreprise individuelle ou société : quelle différence ?
En entreprise individuelle, vous exercez en votre nom propre, sans créer de personne morale : pas de statuts, pas de capital, un seul associé, vous. En société, vous créez une entité distincte, avec ses statuts, son capital (1 € minimum en SAS et SASU, sans minimum légal en SARL et EURL) et ses propres comptes. Seule une société permet d'accueillir des associés ou un investisseur.
La micro-entreprise n'est pas un statut à part : c'est le régime simplifié de l'entreprise individuelle, réservé en 2026 aux chiffres d'affaires inférieurs à 83 600 € (services) et 203 100 € (vente).
Quels critères pour choisir son statut juridique ?
Six critères font l'essentiel du choix :
- Seul ou à plusieurs : micro, EI, EURL et SASU pour un associé unique ; SARL (2 à 100 associés), SAS et SCI à plusieurs.
- Responsabilité : limitée au patrimoine professionnel en entreprise individuelle depuis 2022, aux apports en société (sauf faute de gestion et cautions personnelles).
- Fiscalité : impôt sur le revenu par défaut pour l'EI et l'EURL d'un associé personne physique ; impôt sur les sociétés pour la SASU, la SAS et la SARL.
- Régime social : indépendant (EI, gérant d'EURL, gérant majoritaire de SARL) ou assimilé salarié (président de SAS ou SASU, gérant minoritaire ou égalitaire de SARL).
- Chiffre d'affaires : les plafonds de la micro-entreprise.
- Ambition : lever des fonds, recruter, transmettre.
Comment le bénéfice est-il imposé : IR ou IS ?
À l'impôt sur le revenu, le bénéfice s'ajoute à vos revenus et suit le barème progressif, qu'il soit retiré ou non. À l'impôt sur les sociétés, la société paie 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (PME dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 10 millions d'euros et dont le capital est détenu à 75 % au moins par des personnes physiques), puis 25 % au-delà. Les dividendes distribués sont ensuite taxés à 31,4 % en 2026 au prélèvement forfaitaire unique, contre 30 % en 2025.
Exemple : sur 60 000 € de bénéfice, l'impôt sur les sociétés s'élève à 10 750 € (6 375 € à 15 % et 4 375 € à 25 %), soit un taux moyen de 17,9 %.
Indépendant ou assimilé salarié : quel régime social ?
L'indépendant cotise moins mais doit des cotisations minimales même sans revenu, et n'a pas d'assurance chômage. L'assimilé salarié bénéficie d'une protection proche de celle d'un cadre, pour des charges d'environ 63 % de sa rémunération brute selon Bpifrance Création, et ne cotise pas s'il ne se rémunère pas. Dans les deux cas, pas d'assurance chômage.
Les dividendes d'un président de SAS ou de SASU ne supportent pas de cotisations sociales. Ceux d'un gérant indépendant d'EURL ou de SARL à l'IS y sont soumis pour la part qui dépasse 10 % du capital social, des primes d'émission et des comptes courants.
Combien coûte la création d'une entreprise en 2026 ?
| Forme | Greffe | Bénéficiaires effectifs | Annonce légale (HT) | Total |
|---|---|---|---|---|
| Micro-entreprise | Gratuit | Sans objet | Sans objet | 0 € |
| EURL | 33,83 € | 19,33 € | 124 € | 177,16 € |
| SASU | 33,83 € | 19,33 € | 142 € | 195,16 € |
| SARL | 33,83 € | 19,33 € | 148 € | 201,16 € |
| SAS | 33,83 € | 19,33 € | 199 € | 252,16 € |
Le guichet unique de l'INPI est gratuit. Ne sont pas comptés la rédaction des statuts par un professionnel, les frais bancaires de dépôt du capital et les honoraires d'expert-comptable.
Ce que votre statut change quand l'entreprise grandit
C'est la question que les comparatifs oublient. Le jour où un associé veut entrer, une SASU devient simplement une SAS et une EURL une SARL. Passer d'une SARL à une SAS demande l'accord unanime des associés et le rapport d'un commissaire à la transformation. Quand vous recrutez vos premiers cadres, la rémunération du dirigeant, les délégations de pouvoir et la gouvernance se repensent ensemble. Quand vous détenez plusieurs sociétés, la holding devient un outil de pilotage.
Six signaux doivent rouvrir la question : approcher du plafond micro, accueillir un associé, dégager plus de bénéfice que vos besoins, acheter vos locaux, détenir plusieurs sociétés, recruter des cadres. Pour aller plus loin sur l'organisation, lisez Passer de vingt à cinquante salariés.
